Il y a aussi des inconvénients à être bilingue

5 pays que je vous recommande pour travailler à l'étranger (Juillet 2019).

Anonim

La capacité de parler plus d'une langue a certainement ses avantages. Cela vous permet de travailler dans un autre pays, par exemple, d'interagir avec des personnes en voyage ou de consommer des médias étrangers.

Le bilinguisme est très répandu - selon les estimations actuelles, plus de la moitié de la population mondiale est bilingue et cette prévalence augmente.

Les psychologues cognitifs s'intéressent à la façon dont le bilinguisme façonne l’esprit depuis près d’un siècle. Il y a ceux qui suggèrent que pour parler dans une langue, les bilingues doivent supprimer l'influence de l'autre. Des recherches effectuées au cours des trois dernières décennies ont montré que cette forme unique de traitement du langage «entraîne le cerveau» dans l’utilisation de capacités non verbales appelées «fonctions exécutives», comme ignorer des informations non pertinentes ou attirer l’attention.

Les bilingues d'âges et de cultures différents se sont révélés plus rapides et plus précis que leurs pairs monolingues lorsqu'ils effectuaient des tâches cognitives exigeant ces capacités. De plus, il a été avancé que le bilinguisme peut entraîner un retard dans l'apparition des symptômes associés à la démence.

Mais la communauté scientifique est récemment devenue de plus en plus sceptique quant à l’hypothèse de l’avantage bilingue. L’un des principaux points critiques est que les différences entre les monolingues et les bilingues en ce qui concerne les fonctions exécutives ne sont pas toujours évidentes. Cela a suscité un débat animé, notamment dans le cadre du Forum sur le bilinguisme de la revue scientifique Cortex, pour savoir si le bilinguisme est associé ou non à des avantages cognitifs.

Nouveau défi

Il semble que la recherche sur le bilinguisme soit à un tournant. Nous devons adopter une nouvelle approche pour comprendre, au-delà des exemples individuels de fonctions exécutives, le fonctionnement de l’esprit bilingue. Nous avons tenté de relever ce défi en testant si les bilingues et les monolingues diffèrent quant à la précision avec laquelle ils peuvent évaluer leur propre performance.

Cette capacité est appelée métacognition et est associée à, mais distincte, d'autres domaines où il a été démontré que les bilingues ont un avantage. Étonnamment, cependant, nous avons constaté que les bilingues avaient moins de connaissances sur leurs performances que leurs pairs monolingues.

Rejoindre les points

Dans un effort pour déterminer si les bilingues présentent également des avantages dans d'autres capacités cognitives (au-delà de la fonction exécutive), nous avons évalué le traitement métacognitif chez les jeunes monolingues adultes et les bilingues. La métacognition est la capacité d'évaluer ses propres performances cognitives ou simplement d'avoir des «pensées sur les pensées».

Cette capacité est une fonction cruciale de la vie quotidienne, lorsque nous devons prendre des décisions lorsque les résultats ne sont pas immédiats. Par exemple, lorsqu'un entrepreneur examine les performances de son entreprise, il doit prendre en compte une variété de facteurs, notamment les revenus et les dépenses, afin d'évaluer si l'entreprise se porte bien. La confiance dans leurs idées et leurs performances peut être le facteur déterminant pour décider de continuer à investir du temps dans leur entreprise ou d'abandonner et de postuler pour un autre emploi (le «compromis de l'exploration de l'exploitation»).

Dans notre recherche, nous avons présenté aux participants une situation dans laquelle ils devaient observer deux cercles sur un écran et deviner lequel contenait plus de points. Parfois, la différence était évidente, rendant la décision facile, alors que d'autres fois, la décision était très difficile (par exemple, un cercle contenait 50 points et l'autre 49). On a ensuite demandé aux participants de déterminer leur degré de confiance dans leur décision sur une échelle allant de moins à plus de confiance que la normale.

Au cours de deux expériences, nous avons constaté que les bilingues et les monolingues étaient également susceptibles de choisir le cercle contenant le plus grand nombre de points. Cependant, les monolingues étaient plus aptes que les bilingues à faire la distinction entre le moment où ils avaient raison et celui où ils avaient tort. En d'autres termes, les bilingues avaient moins de connaissances sur leurs performances que les monolingues. Cela allait à l'encontre de nos prévisions initiales, car nous nous attendions à trouver un avantage bilingue dans le traitement métacognitif. Ces résultats indiquent que le bilinguisme peut être associé à des inconvénients cognitifs et à des avantages.

Et après?

Le laboratoire multilingue et cognition de l’Université Anglia Ruskin entreprend actuellement un projet de trois ans financé par le Leverhulme Trust pour améliorer notre compréhension de l’esprit bilingue.

Le laboratoire a déjà publié des preuves des avantages cognitifs associés au bilinguisme, suggérant que les bilingues sont mieux à même de filtrer les interférences verbales et visuelles, en repérant spécifiquement la différence dans une tâche de mémoire de travail visuo-spatiale.

Cette nouvelle recherche indique que les personnes bilingues peuvent être désavantagées dans la métacognition. Nous espérons que cette nouvelle direction dans la recherche sur le bilinguisme encouragera une plus grande attention et nous permettra de résoudre le débat théorique en adoptant une exploration ouverte et empirique des effets cognitifs (positifs et négatifs) associés à l'apprentissage de plusieurs langues..